S’inscrire, c’est gratuit et vous permet de débloquer toutes les fonctionnalités du site (carnet en ligne, calculs mémorisés, forum) : débloquez toutes les fonctionnalités.

Créer mon compte Connexion
Partie II · Concevoir Potager hydroponique · amateur

Partie II · Concevoir

Lumière naturelle ou LED : combien de soleil reçoivent vraiment vos plantes, et quand compléter

Débutant 11 min de lecture · publié le · par L'équipe

Le soleil belge mois par mois, ce qu’il en reste derrière une vitre, comment mesurer la lumière de votre emplacement avec un simple téléphone, et quand ajouter une lampe LED : combien de lumière, quelle puissance, combien d’heures. Avec un calculateur dont vous pouvez enregistrer les résultats dans votre compte.

« J’ai une belle fenêtre, pas besoin de lampe. » C’est vrai… en juin. En décembre, la même fenêtre donne dix fois moins de lumière, et vos salades s’allongent, pâlissent et stagnent. Cet article fait le point sur la lumière naturelle en Belgique, ce qu’il en reste derrière une vitre, comment la mesurer avec un téléphone, et quand la compléter par une LED, sans surdimensionner. Pour choisir et régler la lampe elle-même, voyez notre guide des lampes de culture.

Calculer mon éclairage Soleil, fenêtre et lampe, mois par mois. Résultats enregistrables dans votre compte.

1. Le soleil belge, mois par mois

Ce qui compte pour une plante, c’est la quantité de lumière utile reçue sur une journée : le DLI, en moles par m² et par jour. À partir du rayonnement solaire mesuré à Uccle par l’IRM (normales 1991-2020), on peut l’estimer mois par mois, à raison d’environ 2 moles de lumière utile par mégajoule de rayonnement (BioNumbers).

Graphique : lumière utile par jour à Uccle, de 5,1 en janvier à 37,3 en juin puis 3,9 en décembre, et sur un rebord qui en reçoit 40 %, de 1,6 à 14,9 ; lignes d’objectifs à 5 pour les semis, 12 pour les salades et 20 pour les tomates
Dehors, la lumière de décembre est dix fois plus faible que celle de juin.
MoisSoleil (heures, IRM)Lumière utile dehorsMoisSoleil (heures, IRM)Lumière utile dehors
Janvier595,1Juillet20335,8
Février739,5Août19230,9
Mars12617,8Septembre15422,3
Avril17128,2Octobre11313,1
Mai19834,7Novembre666,4
Juin19937,3Décembre493,9

Lumière utile en mol/m²/jour, moyenne du mois. Durée d’insolation : heures de soleil par mois.

À comparer aux besoins des cultures (Virginia Cooperative Extension) : 5 à 10 pour les semis et boutures, 12 à 17 pour les laitues, 20 à 30 pour les tomates, concombres et courgettes ; nos fiches retiennent 15 à 25 pour le basilic. Dehors, en plein air, le soleil belge couvre les salades de mars à octobre. Derrière une vitre, c’est une autre histoire.

2. Derrière une vitre, il en reste beaucoup moins

Plan d’une pièce vue du dessus : la lumière est forte contre la fenêtre et devient faible à environ 2,4 mètres ; à droite, les quatre orientations : sud la plus lumineuse, est le matin, ouest l’après-midi et plus chaude, nord la plus faible
La meilleure place est contre la vitre : quelques pas en arrière, et la lumière s’effondre.
  • L’orientation. Une fenêtre sud donne la lumière la plus forte toute la journée ; à l’est, du soleil direct le matin ; à l’ouest, un soleil fort l’après-midi, et plus de chaleur ; au nord, une lumière indirecte, la plus faible (NC State Extension).
  • La distance. La lumière baisse très vite en s’éloignant de la vitre : une fenêtre sud très lumineuse devient une zone de faible lumière à environ 2,4 m (8 pieds) en retrait, selon NC State.
  • Le vitrage et les obstacles. Même une serre, faite pour laisser passer le soleil, perd 30 à 50 % de la lumière du dehors (Virginia Tech). Une fenêtre d’habitation, un voilage, un balcon au-dessus ou un arbre en face en retirent davantage.
  • La saison. En hiver, le soleil est bas : il entre plus loin dans la pièce, mais il est faible et les journées sont courtes.
Salades étiolées aux longues tiges pâles, penchées vers une vitre
Tiges longues, feuilles pâles, plantes penchées : le manque de lumière.

3. Mesurer son emplacement avec un téléphone

Inutile d’acheter un capteur pour commencer. Une appli « luxmètre » gratuite suffit, à condition de l’utiliser pour une comparaison : les capteurs des téléphones ne sont pas précis en valeur absolue, mais le même téléphone, au même moment, donne un rapport fiable entre deux endroits.

Tuto

Connaître la lumière de son emplacement en 2 minutes

⏱ 2 min · Débutant · Une appli luxmètre
  1. Choisir le momentVers midi, par temps uniformément couvert : la lumière change moins vite qu’avec des nuages qui passent.
  2. Mesurer à la place des plantesTéléphone posé à hauteur des feuilles, capteur (en haut de l’écran) tourné vers le haut. Notez les lux.
  3. Mesurer dehors, tout de suite aprèsMême geste, à découvert : balcon, jardin, rue. Notez les lux.
  4. DiviserLux dedans ÷ lux dehors = la part de la lumière du dehors qui atteint vos plantes. Entrez les deux chiffres dans le calculateur.
  5. Recommencer à chaque saisonEt à chaque déplacement des plantes : quelques dizaines de centimètres changent tout.

Pour la lumière du jour, on passe des lux aux unités des plantes en multipliant par 0,0185 (Apogee Instruments) : 20 000 lux de lumière du jour correspondent à environ 370 µmol/m²/s. Ce facteur ne vaut que pour le soleil : sous une lampe, il dépend du spectre, et un luxmètre sous une LED rose-violet ne veut presque rien dire.

4. Lumens, lux, PPFD, DLI : qui mesure quoi

UnitéCe qu’elle mesureÀ quoi elle sert
Lumen (lm)La lumière émise par une lampe, pondérée par la sensibilité de l’œil humainChoisir une ampoule pour s’éclairer, pas pour faire pousser
LuxLa lumière reçue sur une surface, vue par l’œil humainComparer deux endroits avec le même luxmètre
PPF (µmol/s)La lumière utile aux plantes émise par une lampeComparer deux lampes de culture
PPFD (µmol/m²/s)La lumière utile reçue à un instant, à la hauteur des feuillesRégler la hauteur et la puissance
DLI (mol/m²/jour)La lumière utile reçue sur toute une journéeSavoir si la plante a assez de lumière

La formule qui relie les deux derniers : DLI = PPFD × heures d’éclairage × 0,0036 (Virginia Tech). Une lampe qui n’annonce que des lumens ? Pour une lumière blanche de type « jour », 1 000 lumens correspondent à environ 17 µmol/s de lumière utile (Wikipédia) : un ordre de grandeur, pas une fiche technique.

5. Compléter : ce qui manque, pas plus

Trois colonnes pour des salades sur un rebord à 40 % : en décembre, soleil 1,6 et LED 10,4, lampe 14 heures ; en mars, soleil 7,1 et LED 4,9, lampe environ 7 heures ; en juin, soleil 14,9, lampe éteinte ; ligne d’objectif à 12
La même lampe travaille 14 heures en décembre, 7 heures en mars, et se repose en été.

Le principe est simple : objectif de la culture moins lumière naturelle = ce que la lampe doit apporter. On dimensionne la lampe pour le mois le plus sombre de sa saison de culture, puis on réduit ses heures quand le soleil revient. Trois exemples avec le calculateur, pour une surface de 60 × 30 cm et une LED de 2,5 µmol/J :

EmplacementCultureLampe à prévoirSans lampeCoût par an
Rebord de fenêtre, 40 % de la lumière du dehorsSalades toute l’année≈ 210 µmol/m²/s, au moins 15 WDe mai à août≈ 15 €
Même rebordBasilic toute l’année≈ 270 µmol/m²/s, au moins 19 WJamais tout à fait≈ 23 €
Fond de pièce, 12 %Salades toute l’année≈ 230 µmol/m²/s, au moins 17 WJamais≈ 32 €
Véranda, ≈ 60 %Tomates d’avril à septembre≈ 130 µmol/m²/s, au moins 10 WDe mai à juillet≈ 3 €

Électricité à environ 0,45 € le kWh en Wallonie (Selectra, septembre 2026). Les watts affichés sont un minimum théorique : les bords et la hauteur de la lampe perdent une partie de la lumière.

  • Allonger plutôt que doubler. Programmez la lampe pour prolonger la journée, le matin et le soir, quand la fenêtre ne donne plus rien.
  • Restez dans 14 à 18 heures de lumière par jour au total (University of New Hampshire), sur minuterie.
  • Au-dessus des plantes, pas à côté. Une lampe posée côté pièce corrige aussi l’effet « tout penche vers la vitre ».
  • Tournez les pots ou les bacs d’un quart de tour chaque semaine s’ils restent éclairés d’un seul côté.
  • Éteignez l’été, les mois où le calculateur ne demande rien : c’est là que se fait l’économie.

6. Le calculateur, et vos résultats dans votre compte

Le calculateur d’éclairage reprend tout cet article en trois étapes : votre emplacement (vos deux relevés en lux, une véranda, ou aucune lumière du jour), vos plantes et votre saison, puis la lampe (surface, heures maximales, efficacité, prix du kWh). Il affiche la lumière naturelle et le complément LED pour chaque mois, la lumière à viser sous la lampe, la puissance minimale, les heures d’allumage mois par mois et le coût annuel.

Avec un compte gratuit, le bouton « Enregistrer dans mon compte » garde le calcul, avec un nom de votre choix (« Salades cuisine », « Basilic véranda »…). Vous le retrouvez dans Mon compte, onglet Mes calculs, et vous pouvez le rouvrir avec les mêmes réglages pour le modifier à la saison suivante.

Ouvrir le calculateur Deux minutes, et vous savez quelle lampe acheter, ou s’il en faut une.

7. Installer le complément

  • La bonne lampe : une LED qui annonce son PPF ou un plan de PPFD à différentes hauteurs, et son efficacité en µmol/J. Voir les lampes de culture.
  • La hauteur : 30 à 60 cm au-dessus des feuilles pour une LED, 15 à 30 cm pour un tube T5 (Iowa State, repris dans notre guide des lampes), à ajuster selon la fiche de la lampe.
  • Une fixation réglable : chaînette, crochets ou potence, pour remonter la lampe quand les plantes grandissent.
  • Une minuterie programmée selon les heures du calculateur, à revoir chaque saison. Voir automatiser son potager.
  • La sécurité : eau et électricité, prise protégée par un différentiel 30 mA, câbles en boucle d’égouttement, multiprise surélevée.

8. L’entretien de la lumière

Main passant une raclette sur une vitre mouillée, salades hydroponiques au premier plan
Des vitres propres à l’automne, quand chaque rayon compte.
  • Des vitres propres, surtout à l’automne : la poussière et les traces de pluie retiennent de la lumière justement quand elle manque.
  • Une lampe dépoussiérée, débranchée et froide, avec un chiffon sec.
  • Une mesure par saison : même méthode, mêmes emplacements. Notez-la dans votre carnet en ligne, et mettez à jour votre calcul enregistré.
  • Un œil sur les plantes : étiolement, feuilles pâles, croissance lente. Si le calcul dit « assez » et que les plantes disent « pas assez », croyez les plantes, et remesurez.

9. Les erreurs fréquentes

ErreurConséquenceLa parade
Juger sa fenêtre en juinPlantes étiolées de novembre à févrierFaire le bilan mois par mois
Placer les bacs au milieu de la pièceUne lumière faible, même près d’une fenêtre sudContre la vitre, ou une lampe au-dessus
Acheter une lampe sur ses lumens ou ses wattsLumière inutile ou insuffisanteRegarder le PPF, le PPFD et les µmol/J
Laisser la lampe 18 h toute l’annéeFacture inutile en étéDes heures mois par mois, selon le soleil
Mesurer une LED rose avec un luxmètreChiffres sans rapport avec la réalitéSe fier au PPFD annoncé par le fabricant

10. À retenir

Vos mesures de lumière intéressent les autres membres : partagez-les sur le forum, avec l’orientation de votre fenêtre.

Questions fréquentes

Un rebord de fenêtre suffit-il pour des salades en hydroponie ?

En Belgique, souvent de mai à août seulement. Sur un rebord qui reçoit 40 % de la lumière du dehors, une salade dispose en moyenne de 12 à 15 mol/m²/jour en été, mais de 2 à 4 en hiver, loin des 12 recommandés. Mesurez votre emplacement : le calculateur vous dira quels mois une lampe est utile.

Comment mesurer la lumière de ma fenêtre sans appareil coûteux ?

Avec une appli luxmètre : un relevé à la place des plantes, un autre dehors au même moment, par temps couvert. Le rapport des deux dit quelle part de la lumière du dehors atteint vos plantes. Les valeurs absolues d’un téléphone sont approximatives, le rapport est fiable.

Faut-il regarder les lumens pour choisir une lampe de culture ?

Non. Les lumens mesurent la lumière telle que la voit l’œil humain. Pour une plante, ce qui compte est le PPF de la lampe (µmol/s) ou le PPFD reçu à la hauteur des feuilles (µmol/m²/s). Une lampe qui n’annonce que des lumens ne dit pas l’essentiel.

Combien d’heures allumer la lampe en complément de la fenêtre ?

Juste ce qu’il faut pour atteindre l’objectif de la culture : 14 heures en décembre dans notre exemple, 7 heures en mars, rien en juin. Au total, lumière du jour comprise, restez dans les 14 à 18 heures conseillées par l’Université du New Hampshire.

Puis-je enregistrer mes calculs ?

Oui, avec un compte gratuit : le bouton « Enregistrer dans mon compte » du calculateur garde vos réglages et vos résultats dans Mon compte, onglet Mes calculs. Vous pouvez rouvrir un calcul pour le modifier.

Sources
  1. IRM, Normales climatiques à Uccle 1991-2020 : rayonnement global et durée d’insolation
  2. BioNumbers (Harvard), rapport entre la lumière utile aux plantes et le rayonnement solaire, 2,1 mol par MJ (fourchette 1,86 à 2,31)
  3. Virginia Cooperative Extension, Calculating and Using Daily Light Integral (SPES-720)
  4. NC State Extension, Light Considerations for Indoor Plants
  5. Apogee Instruments, PPFD to Lux Conversion
  6. University of New Hampshire Extension, Hydroponics at Home
  7. Kusuma, Pattison et Bugbee, From physics to fixtures to food: current and potential LED efficacy, Horticulture Research, 2020
  8. Wikipédia, Rayonnement photosynthétiquement actif
  9. Selectra, prix du kWh en Belgique (septembre 2026)

Mes notes

Brouillon gardé dans ce navigateur uniquement. Créez un compte ou connectez-vous pour le retrouver partout.